Le Japon en fêtes
Karayuki-san, ces dames qui vont au loin
La liberté de ton est de mise, car la vérité n’attend pas et l’impatience d’Imamura à la connaître ne permet pas l’académisme. Il est impératif pour lui comme pour nous de connaître la vie de Kikuyo enlevée à 19 ans de son Japon natal et les étapes de son esclavage sexuel. Dans le port, sur un bateau, elle nous raconte le voyage sans retour. Le bordel est toujours là et au détour d’une porte, on découvre des femmes assises qui attendent les clients. Voir la vie passée de Kikuyo s’incarner dans le présent du tournage telle est l’urgence d’Imamura. À la question "Vous avez déjà joui ?", "Non jamais" répond Kikuyo tout en cheminant vers l’hospice pour saluer les dernières karayukis. Au cimetière, à peine quelques pierres marquent leur existence.
Claire Simon
Réalisatrice