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  • HYMNES a la HAINE ...de mes soeurs (J'en ai trop)

    Hymne à la haine de mes sœurs

    Il y a l'oiseau de mauvais augure, celle qui est prophétesse en son pays et qui prédit moult échecs à mon endroit. Elle scrute mes projets comme un oracle de café du commerce, déchiffrant dans le marc de mes ambitions les signes certains de ma déroute. "Tu verras," susurre-t-elle avec cette délectation particulière qu'ont les Cassandre de salon, "tu verras comme cela finira mal." Et quand par malheur ses prédictions se réalisent, ah ! comme elle savoure alors sa victoire prophétique, cette pythie de pacotille qui n'a jamais risqué autre chose que son vernis à ongles.Comme je la hais cette défaitiste professionnelle...

    Il y a celle qui collectionne mes faux pas comme d'autres les timbres-poste, les catalogue avec un soin maniaque, les ressort aux dîners de famille tels des trophées poussiéreux. "Tu te souviens quand tu..." commence-t-elle invariablement, et voilà qu'elle exhume mes anciennes sottises avec la précision d'un archéologue malveillant. Elle a fait de ma biographie un musée des horreurs où chaque vitrine expose mes erreurs de jeunesse, soigneusement étiquetées et commentées pour la postérité.Je la hai....oui toi tu auras ma haine , et c'est définitif.

    Il y a la compatissante professionnelle, celle qui transforme chacune de mes peines en occasion de briller par sa magnanimité. "Ma pauvre chérie," roucoule-t-elle avec cet air de madone affligée qu'elle réserve aux grandes occasions, "comme tu dois souffrir." Et tandis qu'elle me tapote l'épaule de sa main compatissante, je la vois calculer mentalement les dividendes moraux qu'elle tirera de sa générosité. Sa pitié me coûte plus cher que l'indifférence des autres.

    Il y a enfin celle qui me ressemble trop, miroir cruel où se reflètent tous mes défauts amplifiés. En elle je reconnais mes propres travers grossis à la loupe, mes petitesses magnifiées jusqu'à l'obscène. Elle est mon double maléfique, la caricature de ce que je pourrais devenir si j'abandonnais toute retenue. La haïr, c'est me haïr moi-même, et cette haine-là est la plus amère de toutes car elle n'admet aucune rédemption.

    Ainsi vont mes sœurs, cortège de miroirs brisés qui me renvoient chacune un fragment de ma propre vérité. Je les hais avec la tendresse particulière qu'on réserve à sa propre famille : cette haine intime et inextricable qui nous lie plus sûrement que l'amour, car on peut cesser d'aimer mais jamais de haïr ceux qui nous connaissent trop bien.

  • Manifeste

    « Koe » n'est pas simplement une revue littéraire, mais une revue littéraire trimestrielle éditée par six membres.
     
    Nous n'aspirons pas à devenir un mouvement littéraire. Il n'existe pas d'idéal littéraire uniforme ni de principe partagé par tous les membres. Les idéaux sont personnels. Chacun de nous a six idéaux. Cependant, malgré nos différences, nous avons tous confiance en l'individualité et le talent qui les soutiennent. De même, nous recherchons la coopération de ceux en qui nous avons confiance.
     
    En termes simples, notre idéal est d'écrire « ce que nous voulons écrire, quand nous le voulons et autant que nous le voulons », et nous espérons remplir les pages de « Koe » de ces écrits. Et si cela nous permet de gagner la confiance de nos lecteurs, quelle joie !
     
    Membres de la rédaction
     
     

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  • MATSURI le Japon intemporel

    char-2.jpgLe mot "matsuri" d'aujourd'hui évoque à la fois les festivals solennels qui se déroulent dans les sanctuaires et ceux qui se tiennent de manière éclatante dans les rues. En gros, bien que les concepts que Yanagita Kunio a distingués entre "matsuri" et "sairei" puissent correspondre, tant que l'on n'ajoute pas la couronne de "pur", dans les festivals modernes où la solennité et l'éclat avancent de manière indissociable, il est évident que les deux ne peuvent pas être séparés de cette manière.
    Dans cette situation, le terme "festival" est difficile à définir, et sa perception et son évaluation varient également. En ce qui concerne la définition, la signification des événements désignés par le terme "matsuri" varie selon qu'il s'agit de "rituels religieux" ou de "événements". Aujourd'hui, si l'on considère qu'il est difficile de le trancher, la définition des festivals est en réalité effectuée par ceux qui les étudient, tout en partageant certaines caractéristiques. En ce qui concerne la perception et l'évaluation, nous les examinerons plus tard, mais pour anticiper le sujet, il convient de mentionner deux auteurs qui ont abordé cette question : Saburo Morita et Tetsuro Ashida. Morita a fondé la définition générale des festivals sur les concepts de "périodicité" et de "sacralité" (Morita, 1990 : 133-134), tandis qu'Ashida a tenté une définition provisoire basée sur des caractéristiques telles que "centralité sacrée", "non-quotidienneté", "communauté", "périodicité" et "événements" (Ashida, 2001 : 29). Morita mentionne également comme caractéristique "l'implication collective" en plus des deux précédentes, mais comme il a lui-même renoncé à cette caractéristique lorsqu'il a étudié les participants aux festivals (Morita, 1990 : 144), nous ne la prendrons pas en compte ici non plus.

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