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errancejapon - Page 28

  • Pour en finir avec le suicide de Mishima




    L'Encre et le Sang : La Dernière Performance de Yukio Mishima
    Paroles nues 

    Le 25 novembre 1970, l’écrivain transcende son corps en pinceau. Son sang — cette encre vivante — trace sur le parquet du quartier général des Forces d’autodéfense le point final d’une œuvre-monstre. Dans le fracas des huées, Mishima accomplit son chef-d’œuvre paradoxal : un performance pseudo politique où l’esthétique supplante le politique, où le rituel ancestral devient happening avant-gardiste.

    Son suicide n’est pas une fuite. C’est l’incarnation brutale de ses obsessions littéraires :

    • La beauté de l’échec chantée dans Patriotisme, où l’amour et la mort s’enlacent comme des amants
    • Le corps comme manifeste contre un Japon "dévirilisé" par le progrès
    • La théâtralité sacrée du seppuku, dernière pirouette face à l’absurdité moderne

    Quand la lame du tantō pénètre son abdomen, Mishima ne meurt pas : il publie. Son cadavre est le manuscrit jeté aux pieds d’une nation incrédule. Le geste de Morita, maladroit et tragique, ajoute une touche d’imperfection baroque à cette composition parfaite — rappel cruel que même les scénarios les plus réglés vacillent au contact du chaos.

    Aujourd’hui, son fantôme hante nos interrogations :

    La mort peut-elle être une création ?
    L’artiste doit-il brûler sa vie pour éclairer l’œuvre ?

    Mishima : L’Imposture du Samouraï en Short de Gym

    Petit brûlot contre le fétichisme morbide voyeuriste

    Écoutez ce cliquetis agaçant .... C’est l’armée des thésards ressassant encore le seppuku de 1970. Comme si Yukio Mishima n’avait été qu’un kamikaze de salon ! Jetons le chrysanthème fanés et parlons vrai :

    1. Le Bodybuilder narcissique
    Son vrai chef-d’œuvre ? Ses biceps. Pendant que vous fixez son harakiri, admirez plutôt l’auteur du "Sun and Steel" — premier influenceur fitness du Japon, posant en slip moulant entre deux sonnets. Ironie ultime : le chantre du guerrier antique s’entraînait… avec des haltères américaines !

    2. L’Homosexuel refoulé en uniforme d’opérette
    Ses fanfaronnades sur le Bushido ? Un écran de fumée. Relisez "Confession d’un masque" : ce manifeste d’angoisse identitaire révèle un homme hanté par son désir pour les éphèbes musclés. Son armée privée (Tatenokai) : une cour de garçons décoratifs bien plus qu’une milice crédible.

    3. Le Clown tragique de la modernité
    Son coup d’État raté fut un sketch absurde :

    • Prendre un général en otage… pour lui lire un poème
    • Hurler "Vive l’Empereur !" devant des conscrits ricanants
    • Se poignarder après 8 minutes de discours — durée moyenne d’une vidéo TikTok aujourd’hui

    4. L’Artiste génial derrière le martyr kitsch
    Oubliez le sabre, souvenez-vous :

    • Ses pièces de théâtre nô cyberpunk
    • Ses nouvelles où des pianistes baisent des poulpes ("Le Marin rejeté par la mer")
    • Son sens du ridicule qui flirte avec le génie ("L’École de la chair")

    La chute du masque

    Mishima n’est pas mort en samouraï. Il est mort en artiste punk — sabotant sa propre légende dans un final de mauvais goût sublime. La prochaine fois qu’on vous parle de son estomac ouvert, exigez qu’on lise "Le Tumulte des flots". Son vrai testament ? Une histoire d’ados sur une plage, pas une tache de sang sur un parquet militaire.

    "Son suicide fut sa moins subtile fiction."
    — Un fantôme rieur dans les librairies de Shinjuku

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    Mishima et l’Occident : Le Complexe du Cannibale Gourmet

    (Quand l’anti-occidental achète son stylo Montblanc chez Cartier)

    Yukio Mishima haïssait l’Occident comme un amant jaloux. Sa relation avec l’Europe et l’Amérique fut un ménage à trois permanent : adoration, vomissement, et plagiat effronté. Décryptage d’une schizophrénie culturelle :

    1. L’Enfant bâtard de la Renaissance

    • Son vrai prénom : Kimitake. Le "Yukio" fut emprunté à un poète… japonisant français (déjà !)
    • À 12 ans, il dévore Rilke et Radiguet dans le texte — pendant que ses camarades jouent au base-ball
    • Son premier succès : "Les Amours interdites", pastiche de Thomas Mann teinté de sado-masochisme viennois

    2. Le Snob réactionnaire
    Ses obsessions contradictoires :

    • Adorait les costards italiens sur mesure + Porsche 356
    • Exécrait le "matérialisme occidental"… depuis sa villa tokyoite remplie de meubles Louis XV
    • Terrorisé par le Coca-Cola… mais buvait du whisky écossais comme un docker

    3. Le Paradoxe politique
    Son nationalisme fut un ready-made occidental :

    • Le Tatenokai (sa milice) copiait les SS… pour défendre l’Empereur
    • Ses discours anti-américains… prononcés en anglais impeccable
    • Ses références au Bushido… inspirées des samouraïs de pacotille hollywoodiens

    4. L’Autodafé jubilatoire
    Dans "Le Japon moderne et l’éthique samouraï", il crache :

    "L’Occident nous a volé notre âme !"
    … sans mentionner que :

    • Sa théorie du "corps comme œuvre d’art" vient de Nietzsche
    • Ses photos fétichistes furent publiées dans… Vogue Hommes International
    • Il mourut coiffé d’un bandeau made in USA (fourni par l’armée d’occupation)

    L’héritage : Un Frankenstein culturel

    Mishima ne fut ni traître ni puriste. Ce fut un alchimiste du paradoxe : il digéra l’Occident pour mieux le régurgiter en esthétique japonaise. Son vrai crime ? Avoir compris que toute culture est un cannibalisme raffiné.

    "Il maudissait nos hamburgers en croquant un croissant chez Angelina."
    — Un serveur parisien halluciné, 1969

     

     

  • Shiori Ito

    Le 12 décembre 2025, après des années de retard, de controverse et de débats publics houleux, le documentaire acclamé de la journaliste Shiori Ito, Black Box Diaries (ブラックボックス・ダイアリーズ), sortira enfin au Japon. Pour beaucoup, cela marque non seulement une étape importante pour une seule survivante, mais aussi un moment de vérité pour une société longtemps critiquée pour sa mauvaise gestion des violences sexuelles.Alors âgée de 26 ans, Shiori Ito est journaliste. Un soir, elle rejoint Noriyuki Yamaguchi - biographe du premier ministre Shinzo Abe - au restaurant pour un dîner d'affaires. Quelques heures plus tard, elle se réveille dans une chambre d'hôtel, en train de se faire violer.

     

     

     

    Site officiel :https://www.shioriito.com/

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  • Je comme un autre

    Un pèlerin en garde à vue

    Après trois semaines de marche sur le chemin sacré du Kumano Kodo, Pascal s’apprête à rentrer en France.
    À l’aéroport de Haneda, il est soudain arrêté par la police japonaise : un malentendu, un « vol » dérisoire, une maison ouverte au bord du chemin.
    Commence alors un voyage immobile, au cœur du système policier japonais — fait de courtoisie, de rigueur et de non-dits.

    Dix jours de garde à vue, cinq interprètes, deux procureurs, un juge, et un commissaire nommé Ogi, qui finira par lui tendre la main.

    De Tokyo à Owase, puis vers Osaka, Gifu et Kamagasaki, ce récit documente avec pudeur une expérience inouïe :
    celle d’un pèlerin soudain prisonnier, devenu témoin d’un Japon invisible.

    Un texte d’une grande humanité, où se mêlent observation, humour et gratitude.

    « Tout cela n’était qu’un autre chemin. »