Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

errancejapon - Page 27

  • Bonjour MADAME

    Lettre à ces enculés de l'étude Machin

    Objet : Allez vous faire foutre (cordialement)

    Bande de vautours,

    Alors comme ça, vous avez « régularisé une saisie-attribution » sur mes comptes ? Putain, mais vous avez sorti le champagne au bureau quand vous avez vu le magot ? 47 euros, bande de rapaces ! De quoi vous payer quoi, un sandwich triangle à la gare ? J'espère au moins que votre stagiaire s'est fendu d'un sourire en tapant le dossier.

    « Vous exécuter volontairement » – Non mais quelle bande de fils de pute sadiques vous faites. C'est quoi cette formulation de psychopathes ? Vous vous branlez sur le Code civil le soir ou quoi ? Ça vous fait bander de terroriser les pauvres avec votre jargon juridique à deux balles ?

    Trois lettres. TROIS putains de lettres que vous m'avez envoyées. Vous savez ce que j'en ai fait ? Je me suis torché le cul avec. Enfin non, même pas, le papier était trop rêche. Même pour ça vous êtes mauvais.

    Et maintenant vous débarquez avec vos gros sabots pour me piquer le peu qu'il me reste. Bravo les champions. Vous devez être fiers de vous. Vous allez pouvoir raconter à vos gosses le soir : « Aujourd'hui papa a ruiné un mec qui avait même plus de quoi se payer des pâtes. » Ils doivent être super fiers, vos mômes.

    Les « frais bancaires engendrés par cette dernière » sont à ma charge ? MAIS ALLEZ BIEN VOUS FAIRE ENCULER. C'est vous qui débarquez comme des voleurs, et c'est MOI qui dois payer les frais ? Mais vous avez fumé quoi exactement ? Vous me braquez et vous voulez que je vous paye l'essence de votre caisse ? Non mais vous êtes sérieux là ?

    Votre « gestionnaire de dossier » au 0377050120 ? Il peut aller se le carrer profond son numéro. Je vais vous dire ce que je vais faire de ce numéro : je vais le noter sur un bout de papier, je vais m'essuyer le cul avec, et je vais le flusher dans les chiottes. Voilà le respect que j'ai pour votre gestionnaire et toute votre putain d'étude.

    « INTERROMPRE le cours de cette procédure » – Ah ouais ? Et comment je fais ça, connards ? Avec quel argent ? Celui que vous venez de me voler ? Vous voulez que je vous fasse une proposition de remboursement ? OK, voilà ma proposition :

    ALLEZ. VOUS. FAIRE. METTRE.

    Voilà. C'est clair comme proposition ? Ou il vous faut un dessin ? Je peux vous en faire un si vous voulez, avec des petites flèches pour bien vous indiquer où vous pouvez vous enfoncer votre créance.

    Vous savez ce que vous êtes ? Des parasites. Des sangsues en costard qui survivent en suçant le sang des gens qui sont déjà à terre. Vous êtes tellement bas que même les requins auraient honte de vous. Au moins le requin, il te bouffe parce qu'il a faim. Vous, vous le faites juste parce que c'est votre « métier ».

    Quel métier de merde d'ailleurs. Sérieux, qu'est-ce qui se passe dans la vie pour finir « gestionnaire de recouvrement » ? C'était quoi le plan B ? SS ? Garde-chiourme ? Bourreau médiéval ?

    Vous voulez savoir pourquoi je vous ai pas « pris attache » avec votre étude ? Parce que je vous méprise. Parce que l'idée même d'entendre la voix d'un de vos sbires me donne envie de gerber. Parce que je préfère crever la gueule ouverte plutôt que de ramper devant des merdes comme vous.

    Ma dette ? Elle est née d'une Clio pourrie achetée à un garagiste véreux qui s'est cassé avec la caisse six mois après. Mais lui, vous le poursuivez pas, hein ? Non, c'est trop compliqué. C'est plus simple de s'acharner sur le pigeon qui s'est fait pigeonner. Logique de lâches.

    Alors voilà ce qui va se passer maintenant : RIEN.

    Je vais pas vous appeler. Je vais pas vous « faire une proposition ». Je vais pas vous supplier. Je vais continuer ma petite vie de merde tranquillement, et vous, vous allez continuer à me harceler comme les parasites que vous êtes. Et dans dix ans, quand vous serez toujours là à essayer de gratter vos centimes sur des cadavres financiers, moi j'aurai peut-être réussi à m'en sortir. Ou pas. Mais au moins j'aurai pas vendu mon âme pour un salaire de fonctionnaire du malheur.

    Vous voulez mes 47 euros ? Venez les chercher. Sonnez à ma porte. On verra qui cligne des yeux en premier.

    En attendant, prenez votre lettre, votre procédure, vos frais, votre gestionnaire, votre étude, et FOURREZ-VOUS TOUT ÇA BIEN PROFOND LÀ OÙ LE SOLEIL NE BRILLE JAMAIS.

    Sans la moindre once de respect,

    Un mec que vous arriverez pas à briser, bande d'enfoirés


    P.-S. : J'espère que vous vous étouffez avec vos croissants le matin. J'espère que votre café est toujours froid. J'espère que tous les feux rouges de votre vie restent bloqués au rouge. J'espère que vos chaussures sont toujours trop serrées et que vos week-ends sont pourris par la pluie. Allez crever.


    Évidemment jamais envoyée, cette lettre. Écrite un soir de rage pure, après trois bières et un paquet de clopes, sur le clavier massacré d'un ordinateur portable à bout de souffle. Mais putain que ça fait du bien de l'écrire.

  • SINEQUAE un fond VAUTOUR

    Réponse à Maître Chacal et Associés

    Objet : Votre courtoise invitation à l'exécution volontaire

    Cher Maître,

    Quelle délicate attention que cette missive ! Je dois avouer que votre style épistolaire me ravit. « Vous exécuter volontairement » – quelle formule exquise ! On se croirait dans un roman de Kafka revisité par l'administration fiscale française. Chapeau bas.

    Permettez-moi tout d'abord de vous féliciter pour la célérité de vos services. Saisir mes comptes bancaires ! Quelle audace ! J'imagine le frisson qui a dû parcourir votre gestionnaire de dossier lorsqu'il a découvert le butin : 47 euros et 23 centimes sur mon compte courant. De quoi financer, quoi, trois minutes de votre temps facturable ? Je vous laisse calculer le taux horaire. Vous devez être au bord de la ruine, mon pauvre.

    J'admire particulièrement votre sens de l'euphémisme : « regularisée », écrivez-vous. Ce mot charmant qui transforme un pillage légal en simple formalité administrative. C'est beau comme du Orwell. 1984 aurait gagné en poésie avec vous à la plume.

    Concernant les « frais bancaires engendrés », permettez-moi un instant d'hilarité. Vous me faites payer les frais de votre propre razzia ? C'est génial ! C'est comme si un cambrioleur me facturait l'essence de sa voiture et l'usure de son pied-de-biche. Il fallait oser. Vous osez. J'applaudis.

    Votre proposition de « remboursement » me touche profondément. Voyons voir ce que je peux vous offrir :

    • Option A : Dix euros par mois prélevés sur ma pension d'indigent, ce qui nous amène à un remboursement complet vers l'an 2047. J'aurai 68 ans. Nous vieillirons ensemble, Maître, comme un vieux couple uni par la dette.

    • Option B : Je vous envoie chaque mois une lettre manuscrite de soutien moral, car votre métier doit être épuisant. Harceler les pauvres à plein temps, ça doit donner des insomnies, non ?

    • Option C : Je vous propose un troc équitable. Contre l'annulation de ma dette, je vous offre mon canapé défoncé (valeur sentimentale inestimable), ma machine à café qui crache du jus de chaussette, et ma collection complète de vos précédentes lettres de menace, signées et numérotées. Pièces de collection garanties.

    Vous m'invitez à « PRENDRE CONTACT » avec votre gestionnaire. Les majuscules me font toujours cet effet-là : elles me donnent envie de tout sauf d'obéir. C'est comme quand ma mère criait mon prénom complet quand j'étais gamin – ça me donnait des envies de fugue.

    Votre numéro de téléphone ? 0377050120. Je l'ai contemplé longuement. Dix chiffres qui mènent vers quoi ? Une voix enregistrée me répétant que « mon appel est important » pendant vingt minutes ? Un gestionnaire payé au SMIC pour me réciter son script ? Non merci, j'ai déjà donné dans le théâtre de l'absurde.

    Mais soyons sérieux un instant, voulez-vous ?

    Je suis fauché. Cassé. Ruiné. Sans un. Ces mots vous parlent-ils, ou sont-ils devenus trop abstraits dans votre bureau capitonné ? Vous pouvez « régulariser » toutes les procédures du monde, saisir mes comptes jusqu'à la fin des temps, envoyer vos huissiers fouiller sous mon matelas : il n'y a rien. Que dalle. Nada. Vous pressez un citron déjà sec.

    Alors voilà ma contre-proposition, Maître : laissez-moi tranquille.

    Rayez-moi de vos registres. Classez-moi en « perte sèche ». Rangez mon dossier dans la catégorie « créance irrécouvrable ». Offrez-vous ce luxe inouï de la clémence. Votre karma vous remerciera.

    Et si vraiment l'idée de me poursuivre vous excite encore, si vous adorez ce petit frisson juridique de la traque du débiteur insolvable, alors continuez. Saisissez mes 47 euros. Prenez tout. Mais sachez que chaque euro que vous m'extorquez est un euro que je ne dépense pas chez le boulanger du coin, chez le primeur qui peine à finir ses mois, chez la pharmacienne qui a trois employés à nourrir.

    Vous ne ruinez pas que moi, Maître. Vous appauvissez tout un petit écosystème économique dont vous ignorez l'existence depuis votre tour d'ivoire.

    Mais je m'égare. Pardonnez cette envolée lyrique.

    Pour conclure : non, je ne vous contacterai pas. Non, je ne vous proposerai rien. Non, je n'INTERROMPRAI pas votre précieuse procédure. Faites ce que bon vous semble avec vos majuscules, vos saisies et vos frais à ma charge.

    Moi, je retourne à ma vie, cette petite vie cabossée qui vaut infiniment plus que tous vos dossiers réunis.

    Bien cordialement (et sans aucune sincérité),

    Un débiteur qui vous emmerde poliment

    P.-S. : Si vraiment vous tenez à me joindre, je suis sur le canapé défoncé, entre 14h et 17h, tous les jours. Sonnez fort, la sonnette est cassée.


    Lettre évidemment non envoyée, mais écrite d'un trait rageur, sur un coin de table, un soir de février où la colère valait mieux que les larmes.

  • Anais Nin au Japon

    « Au Japon », écrit la romancière américaine d'origine française Anaïs Nin dans son Journal à l'été 1966, 
    « j'ai eu un accès de larmes. La douceur, la gentillesse, la considération m'ont touchée. Pour une fois dans ma vie, j'ai eu l'impression d'être traitée comme j'ai toujours traité les gens. » Ces mots ont conduit Yuko Yaguchi à conclure, dans son introduction à Critical Analysis of Anaïs Nin in Japan, que le pays « avait conquis son cœur ». Nin était au Japon pour le lancement de son roman, A Spy in the House of Love. Son intérêt pour le Japon était profond : avant même de s'y rendre, elle était « imprégnée de romans japonais, de l'œuvre de  Murasaki Shikibu, de films japonais », comme le rapporte son journal. Il est clair qu'elle était passionnée par le Japon. Mais ce sentiment était-il réciproque ?

    Dans le premier des dix-sept chapitres rédigés par différents auteurs sur Nin au Japon, Catherine Vreeland suggère que non. Elle affirme que cela s'explique par le fait que « la recherche d'une identité personnelle et sexuelle est relativement étrangère aux écrivaines japonaises » et que les femmes japonaises modernes n'écrivent apparemment pas de journaux intimes. « Écrire à partir de soi-même et en même temps écrire à la recherche de soi-même », poursuit Vreeland, « est un concept étranger aux Japonais ». Ce sont là des généralisations abusives. Elles supposent une essence japonaise immuable qui est éternellement « étrangère » à « l'Occident ». Il est fondamental de les éviter lorsqu'on réfléchit aux cultures, dont la complexité, les contradictions et les changements constants échappent toujours à de telles simplifications.

    Heureusement, plusieurs chapitres de ce livre semblent contredire le point de vue de Vreeland. Le chapitre de Yaguchi se concentre sur l'œuvre de la romancière Masako Meio, qui a traduit le premier volume des journaux intimes de Nin en 1974 et qui était mariée au théoricien littéraire Kojin Karatani. Dans A Glimpse of a Woman de Meio, écrit Yaguchi, la protagoniste principale, Yukiko, « rêve toujours d'une autre vie qu'elle aurait pu mener » et est « animée par une peur et un désir ambivalents d'une identité multiple ». Dans son propre chapitre, Meio ajoute qu'elle admire « la ténacité de Nin dans son auto-analyse, sa force dans la poursuite de son indépendance ». Un critique masculin de son roman a même critiqué ce qu'il considérait comme l'impertinence d'« une femme qui parle d'elle-même ».

    Une autre traductrice de l'œuvre de Nin, Kazuko Sugisaki, observe que « les temps changent » et que « nous avons des femmes écrivains qui écrivent avec plus de courage, d'audace et de franchise ». Elle décrit Takako Takahashi, autrice entre autres du roman récemment traduit Waste Land, comme « ayant des qualités similaires à celles de Nin ». En plus de passages tirés de Waste Land, elle cite l'extrait suivant d'un essai de Takahashi pour étayer sa comparaison :

    Ce qui m'intéresse le plus, c'est moi-même... D'aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours préoccupée de moi-même, observant et surveillant mon moi malheureux.

    Les œuvres de Meio et Takahashi montrent qu'il existe, après tout, des femmes écrivains japonaises qui écrivent à partir d'elles-mêmes, à la recherche d'elles-mêmes et d'une identité personnelle et sexuelle. Dans le cas de Meio, cela s'explique en partie par sa lecture et sa traduction des œuvres de Nin.

    Malgré cette preuve de l'influence de Nin, un ton de déception quant à son accueil plus général au Japon imprègne le livre. Meio se souvient que sa traduction du premier volume du Journal de Nin « s'est vendue à moins de 6 000 exemplaires en cinq ans et a été épuisée », ce qu'elle attribue au fait que « la majorité des femmes japonaises se satisfaisaient de la définition historiquement approuvée de la féminité, celle de la Grande Mère silencieuse ». Il convient toutefois de souligner que Meio a écrit son chapitre en 1992. Depuis lors, beaucoup de choses ont changé, et les voix des femmes écrivains au Japon et à l'étranger sont davantage prises en compte. Peut-être que le moment est plus que jamais venu pour le Japon de rendre pleinement l'affection de Nin.

    La relation d'Anaïs Nin au Japon est intéressante car elle révèle les paradoxes de son rapport à l'altérité culturelle et ses projections fantasmatiques.


     Anaïs Nin et le Japon

    La relation d'Anaïs Nin au Japon est intéressante car elle révèle les paradoxes de son rapport à l'altérité culturelle et ses projections fantasmatiques.

     Le voyage japonais (1966)

    Anais Nin visite le Japon en 1966, à 63 ans, accompagnée de son mari Rupert Pole. Ce voyage survient tardivement dans sa vie, mais à un moment où elle jouit d'une reconnaissance croissante, particulièrement auprès de la contre-culture américaine.

     Une fascination orientaliste

    L'esthétique japonaise et sa sensibilité

    Nin se sentait naturellement attirée par certains aspects de l'esthétique japonaise qui résonnaient avec sa propre sensibilité :

    - Le raffinement formel : l'attention portée aux détails, à la beauté des objets quotidiens
    - L'érotisme suggéré plutôt qu'explicite (comme dans les estampes shunga)
    - La poésie de l'éphémère : le concept de mono no aware (la mélancolie des choses)
    - L'art comme rituel : la cérémonie du thé, l'ikebana

    Les limites de sa compréhension

    Cependant, comme beaucoup d'occidentaux de son époque, Nin aborde le Japon à travers un prisme orientaliste :

    - Elle projette ses propres fantasmes de délicatesse, de sensualité raffinée
    - Elle y cherche confirmation de sa vision du féminin et de l'érotisme
    - Elle reste largement en surface des codes culturels profonds

     Le Japon dans son œuvre

    Références dispersées

    Le Japon n'occupe pas une place centrale dans son œuvre publiée. On trouve plutôt des **allusions éparses:

    - Comparaisons esthétiques dans ses journaux
    - Références à l'art japonais comme métaphore de raffinement
    - Quelques passages sur son voyage de 1966

     Une absence significative

    Contrairement à son immersion dans la culture française (langue, psychanalyse, surréalisme) ou son exploration de la culture mexicaine à travers son mari Hugh Guiler, le Japon reste périphérique dans sa cosmogonie personnelle.

    Cela peut s'expliquer par :
    - La barrière linguistique absolue
    - L'arrivée tardive dans sa vie
    - Une culture peut-être trop structurée, trop codifiée pour sa quête de fluidité

     Ce que le Japon révèle de Nin

    La collectionneuse d'esthétiques

    Nin collectionnait les références culturelles qui nourrissaient son identité composite :
    - Paris (sophistication, psychanalyse)
    - Espagne (passion, sensualité)
    - Mexique (couleur, mysticisme)
    - Japon (raffinement, érotisme délicat)

    Chaque culture devient un miroir où elle cherche des fragments d'elle-même plutôt qu'une altérité radicale à comprendre.

    Le fantasme de la geisha

    Il y a probablement chez Nin une fascination pour la figure de la geisha*comme artiste de la séduction raffinée, maîtresse de l'apparence et de la performance identitaire - un rôle qu'elle-même jouait à bien des égards dans sa propre vie.

    La geisha incarne :
    - L'art de plaire élevé au rang d'esthétique
    - La construction délibérée d'un personnage féminin
    - La sensualité comme langage codifié

     Nin et l'exotisme : une posture ambiguë

     L'auto-exotisation

    Paradoxalement, Nin s'auto-exotisait elle-même :
    - Cultivant son image de femme "autre", mystérieuse, cosmopolite
    - Se présentant comme en dehors des normes américaines
    - Utilisant ses origines cubano-franco-danoises comme marqueurs d'altérité

     La recherche de l'ailleurs intérieur

    Pour Nin, les cultures étrangères (dont le Japon) servaient moins à comprendre l'autre qu'à explorer des facettes de soi. Chaque voyage était un voyage intérieur déguisé.

     Comparaison avec d'autres écrivains

    Différence avec Barthes

    Contrairement à Roland Barthes dans L'Empire des signes (1970), qui tente une déconstruction sémiologiquedu Japon comme système de signes radicalement différent, Nin reste dans une approche plus impressionniste et narcissique.

     Similarité avec les surréalistes

    Son rapport au Japon ressemble à celui des surréalistes à l'art "primitif" : une source d'nspiration esthétique plus qu'un véritable dialogue interculturel.

     Conclusion : Un rendez-vous manqué ?

    Le Japon représente peut-être un rendez-vous manqué pour Nin :

    - Elle aurait pu trouver dans la littérature du hi shōsetsu (roman du moi) japonais des échos à son entreprise diariste
    - La tradition des journaux intimes féminins japonais (nikki) depuis le Moyen Âge offrait des parallèles fascinants
    - La notion de ma (l'espace-temps interstitiel) ou de yūgen (la beauté profonde et mystérieuse) auraient pu enrichir sa pensée esthétique

    Mais son voyage reste celui d'une touriste sensible, non d'une exploratrice culturelle en profondeur.