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  • LE SUICIDE MISHIMA

    Le 25 novembre 1970, par une belle et chaude journée d'automne, l'écrivain Yukio Mishima fit irruption dans la garnison d'Ichigaya des Forces terrestres d'autodéfense japonaises, rassembla les membres de ces forces et prononça un discours poignant sur son pays. Il se fit ensuite seppuku (éventration) comme prévu et se fit décapiter par ses camarades de la « Société du bouclier ». Cette photographie fut prise quelques instants avant que le corps ne soit miraculeusement rescapé.

    Que penser de cette expression sereine, si calme qu'il est difficile de croire qu'il était au cœur d'un acte aussi sanglant ? Il consacra toutes ses pensées et tous ses idéaux à son ultime chef-d'œuvre, « La Mer de la Fertilité ». Le protagoniste de la deuxième partie, « Cheval Courant », Iinuma Isao, se fait seppuku immédiatement après avoir assassiné un grand navire zaibatsu. Après avoir atteint son objectif, il sépare rapidement son âme de son corps pour se rendre en « mission urgente au paradis ». La beauté de l'expression de Mishima tient peut-être aussi à son « sentiment de mission : accomplir une grande cause et partir pour le paradis ».

    La « Société du bouclier », qui comptait trois participants lors de l'incident, dont Mishima et Morita Hisakatsu, fut dissoute l'année suivante. À l'exception de Morita, décédé avec Mishima, les quelque 90 membres sont toujours en vie. Ils ont reçu un entraînement rigoureux de Mishima de son vivant.

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  • Hymnes a la haine .....Mishima I

    Premièrement, quand on me demande pourquoi je déteste tant ceci et cela, je ne sais pas quoi répondre. 
    Ce qui est sûr, c'est que plus on déteste les gens, plus on est détesté en retour.
     Je ne comprends pas pourquoi on déteste autant les gens bien comme moi, mais c'est le cœur humain, on n'y peut rien.
     J'ai entendu parler d'un homme détesté qui vivait dans un quartier de New York. Il était haï comme le diable et, lorsqu'il sortait de son appartement, toutes les vieilles femmes du quartier s'écartaient de son chemin et se signaient en le regardant passer. À ce point-là, être détesté est presque réjouissant.
     Je vais consacrer le reste de ma vie à étudier les différentes façons d'être détesté.

  • ONNAGATA -Mort en ete- en francais- 『女方』

    « Onnagata » est une nouvelle écrite en 1957 par Mishima Yukio (1925-1970) qui met en scène un onnagata contemporain fictif. Les onnagata sont des acteurs qui jouent des rôles féminins dans le théâtre kabuki, vieux de quatre siècles et prétendument « réservé aux hommes ». « Onnagata » présente le récit fictif d'une nouvelle production kabuki en cours de création sur scène, ainsi que ce que l'on pourrait appeler les relations amour-haine entre les coulisses de trois hommes impliqués dans la production, dont l'onnagata principal, supposément inspiré d'un onnagata célèbre de l'époque contemporaine de Mishima, pour lequel ce dernier vouait une admiration passionnée bien connue. Malgré son style d'écriture apparemment simple, voire réaliste, le texte contient d'innombrables rebondissements, parfois même des revirements diamétralement opposés, qui viennent bouleverser ce qui semble réaliste. Au contraire, grâce à sa composition méticuleusement reconstruite qui cache habilement ces rebondissements, l'histoire nous aide à réfléchir à certaines possibilités intrigantes d'interaction entre la littérature et le théâtre, ainsi qu'aux résultats potentiellement stimulants d'une telle « fusion ».

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