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errancejapon - Page 35

  • MATSURI le Japon intemporel

    char-2.jpgLe mot "matsuri" d'aujourd'hui évoque à la fois les festivals solennels qui se déroulent dans les sanctuaires et ceux qui se tiennent de manière éclatante dans les rues. En gros, bien que les concepts que Yanagita Kunio a distingués entre "matsuri" et "sairei" puissent correspondre, tant que l'on n'ajoute pas la couronne de "pur", dans les festivals modernes où la solennité et l'éclat avancent de manière indissociable, il est évident que les deux ne peuvent pas être séparés de cette manière.
    Dans cette situation, le terme "festival" est difficile à définir, et sa perception et son évaluation varient également. En ce qui concerne la définition, la signification des événements désignés par le terme "matsuri" varie selon qu'il s'agit de "rituels religieux" ou de "événements". Aujourd'hui, si l'on considère qu'il est difficile de le trancher, la définition des festivals est en réalité effectuée par ceux qui les étudient, tout en partageant certaines caractéristiques. En ce qui concerne la perception et l'évaluation, nous les examinerons plus tard, mais pour anticiper le sujet, il convient de mentionner deux auteurs qui ont abordé cette question : Saburo Morita et Tetsuro Ashida. Morita a fondé la définition générale des festivals sur les concepts de "périodicité" et de "sacralité" (Morita, 1990 : 133-134), tandis qu'Ashida a tenté une définition provisoire basée sur des caractéristiques telles que "centralité sacrée", "non-quotidienneté", "communauté", "périodicité" et "événements" (Ashida, 2001 : 29). Morita mentionne également comme caractéristique "l'implication collective" en plus des deux précédentes, mais comme il a lui-même renoncé à cette caractéristique lorsqu'il a étudié les participants aux festivals (Morita, 1990 : 144), nous ne la prendrons pas en compte ici non plus.

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  • Le quotidien chez Mishima

    Mishima et son CHAT.jpg

    Mishima avait  une relation complexe et conflictuelle avec le quotidien, qu'il percevait comme une force d'érosion de l'authenticité et de l'intensité existentielle.

    Pour lui, la routine quotidienne représentait une forme de mort lente - cette "petite mort" bourgeoise qui émousse les sens et endort la conscience tragique de l'existence. Dans ses romans comme Confession d'un masque ou Le Pavillon d'or, on voit cette obsession du personnage qui refuse de se laisser absorber par la banalité du monde moderne.

    Cette détestation s'enracine dans sa philosophie esthétique : Mishima opposait la beauté tragique et éphémère (mono no aware) à la médiocrité persistante du quotidien occidental qu'il voyait envahir le Japon d'après-guerre. Il cherchait constamment des moments d'intensité pure - que ce soit dans l'art, l'érotisme, ou finalement dans la violence ritualisée.

    Son culte du corps et ses entraînements de bodybuilding, ses pratiques martiales, même son engagement politique radical avec la Tatenokai, tout cela peut se lire comme des tentatives d'échapper à ce qu'il appelait la "prose du monde". Il voulait transformer sa vie en œuvre d'art, refusant cette "survie" que représentait pour lui l'existence bourgeoise.

    Son suicide même, dans sa dimension théâtrale, constituait peut-être l'ultime refus du quotidien - choisir sa mort comme un acte esthétique plutôt que de subir la dégradation lente du temps ordinaire.