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Rue Soufflot@4

JSeul dans la chambre de bonne.

Le plafond est bas.
La lumière passe à travers le rideau mince, sale, presque transparent.

Le corps est lourd.
Pas fatigué — lourd.

Il n’y a personne.
Pas d’appel.
Pas de message.
Le téléphone reste muet sur la table.

La veille a déjà disparu.
Elle aussi.

Aucune image ne revient.

Le lit occupe presque toute la pièce.
Un carré de survie.

Je m’allonge de nouveau.

Le sommeil seul me sauve.

Pas comme refuge tendre.
Pas comme consolation.

Comme extinction provisoire.

Quand je dors, le problème cesse.
Il n’y a plus de “je”.
Plus de manque.
Plus de question.

Je dors vingt heures.

Non par choix.
Par gravité.

Le monde continue derrière les murs.
Des pas dans l’escalier.
Une porte qui claque.
Une chasse d’eau.

Je ne participe pas.

Dans le sommeil, je me dissous.
C’est propre.
Sans violence.

Quand j’ouvre les yeux — brièvement — la lumière a changé.
Matin. Puis soir. Puis matin encore.

Le temps passe sans moi.

Je me rendors.

Le sommeil est plus réel que la veille.
Il ne demande rien.
Il ne rappelle rien.

Dans la chambre de bonne, il n’y a plus qu’un corps immobile,
respirant lentement,
attendant que le monde cesse d’exiger une identité.

Et pendant ces vingt heures,
je n’existe presque plus.


 

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