Le Japon en fêtes
Rue Soufflot@3
Lumière grise.
Les yeux s’ouvrent — sans décision.
Aucun nom ne vient.
Aucune histoire ne remonte.
Aucune continuité.
Seulement sensation brute.
Corps allongé.
Poids.
Froid léger sur la peau.
Le plafond : surface neutre.
Sans signification.
À côté — un volume.
Chaleur résiduelle.
Mais aucun lien ne se forme.
Pas de mémoire de la nuit.
Pas d’image.
Pas de visage.
Le cerveau cherche — ne trouve pas — abandonne.
Silence intérieur.
Le “je” ne revient pas.
Respiration.
Inspiration. Expiration.
Fonction minimale.
Le monde n’est pas hostile.
Il est absent.
Aucune douleur précise.
Aucune peur claire.
Seulement déréliction — sans mot pour la nommer.
Le corps se redresse lentement.
Mécanique.
La pièce apparaît : lit, mur, fenêtre.
Objets sans valeur.
Sans appel.
Derrière, sur le lit, l’autre forme reste immobile — déjà lointaine, déjà sans rapport.
Aucun geste d’adieu.
Aucune nécessité.
Se lever.
Marcher.
Ouvrir.
L’air froid entre.
Dehors, la ville existe.
Indifférente. Stable.
Dedans : presque rien.
Pas une tristesse.
Pas un vide douloureux.
Plutôt — absence de centre.
Comme si l’existence avait perdu son propriétaire.
Le corps avance malgré tout.
Fonctionne.
Traverse.
Sans récit.
Sans témoin.
Sans nom.