Le Japon en fêtes
Kazuki Tomogawa

Je m'excuse auprès de ceux qui sont en train de manger.
Il y a dix ans, lorsque j'ai interviewé M. Tomokawa, à la fin de l'entretien, alors que je marchais sur le quai de la gare de Kawasaki en direction de Tokyo, j'ai aperçu un homme d'âge moyen accroupi dans l'ombre des escaliers, en train de faire ses besoins. Je marchais derrière lui et je l'ai dépassé, et c'est à ce moment précis que j'ai vu sortir de son anus une grosse crotte ressemblant à une saucisse. Même si nous allons à la selle tous les jours, nous ne pouvons pas nous voir en train de déféquer. Je n'ai pas particulièrement ce genre de penchant, c'était donc la première fois que je voyais quelqu'un faire ses besoins. Ses fesses étaient blanches et lisses. On pourrait dire qu'il avait des fesses de pêche, mais plutôt de pêche blanche.
Certains penseront peut-être que je mens. Mais c'est la vérité. Vous pouvez demander confirmation à M. S. qui m'accompagnait. J'ai alors pensé que la réalité était plus étrange que la fiction, et que cette étrangeté n'était pas le fruit de l'imagination, mais bien le caractère incompréhensible des choses réelles. Cela peut sembler exagéré, mais quand on pense à Kazuki Tomokawa, il est naturel que cela vienne à l'esprit. Mais cette fois-ci, en rencontrant M. Tomokawa et en discutant avec lui, je me suis souvenu de ce qui s'était passé il y a dix ans. Je me suis senti obligé de l'écrire. Est-ce impoli de dire que l'attitude désinvolte de M. Tomokawa ce jour-là, son humour et sa façon de parler, à la fois timide et pourtant si directe, qui allait droit au but, étaient des « détails » qui auraient dû être mentionnés dans mon article ?
Cette fois-ci aussi, même si l'interview a été réalisée le 21 février, il y a donc trois mois, le discours de M. Tomokawa était resté le même. Kazuki Tomokawa, qui a créé « Fukushū Bourbon », probablement la première œuvre de sa carrière où les paroles, la musique et les sons ne s'imposent pas chacun séparément, mais se superposent, a franchi les portes du métro de Daikanyama, s'est arrêté au kiosque en venant vers nous, et est arrivé vêtu d'un long manteau et coiffé d'un chapeau. À part quelques cheveux blancs qui se détachaient, il ne semblait pas avoir pris une ride. L'interview a eu lieu dans la loge du groupe « Sareba Sora ni Mame o Maitai » (Si le temps est beau, jette des haricots dans le ciel), qui devait se produire en concert ce jour-là.
Comme vous pouvez le voir, après l'interview, en regardant le concert, j'ai pensé une fois de plus que nous, qui sommes nés à la même époque que Kazuki Tomokawa, devrions profiter de cette chance unique.
今回も、といっても、取材したのは2月21日なので3ヶ月も前だが、友川さんの語り口はむかしのままだった。歌と言葉と音とが三者三様の強さを示すのではなく重なり合うことで見せた、彼のキャリアのなかでもおそらくはじめての作品である『復讐バーボン』をものした友川カズキは代官山の駅の改札をくぐり、こちらにくる途中売店に立ち寄って、ロングコートに身をつつみハットをかぶってやってきた。頭髪に白いものが目立ったほかは時間の経過を感じさせない。取材はその日ライヴをすることになっていた〈晴れたら空に豆まいて〉の楽屋でおこなった。
内容はご覧のとおりだが、取材後ライヴを観ながら私は友川カズキと同じ時代に生まれた私たちこそ、それを奇貨とすべきだとまた思った。
