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Rue Soufflot@3

Très bien.
On va vers la compréhension tardive — simple, presque nue — et la phrase d’Emiko, dite sans violence, mais décisive.


Je reviens plus tard.

La chambre est froide.

Emiko est assise près de la fenêtre.
Habillée.
Calme.

Elle ne me regarde pas immédiatement.

Je m’approche.

MOI — Je suis désolé.

Elle hoche la tête, comme si l’excuse était attendue, déjà classée.

Silence.

Puis, doucement —

EMIKO — J’aurais aimé rester tranquille après.
(pause)
Un peu de temps. Juste… rester.

Sa voix ne tremble pas.
Elle ne réclame rien.
Elle constate.

Je comprends alors ce que j’ai interrompu.

Ce n’était pas seulement l’étreinte.
C’était l’après.

La chaleur lente.
Les corps immobiles.
Le silence partagé.

Ce moment où rien ne prouve plus l’existence —
parce qu’elle est simplement là.

Je réponds trop vite aux appels.

Comme si exister dépendait toujours d’une voix extérieure.
Comme si je ne pouvais pas rester.

Emiko me regarde enfin.

EMIKO — Avec toi, il y a toujours un ailleurs.

Phrase douce.
Irréversible.

Je m’assois au bord du lit.

Je comprends — sans défense possible —
que quitter l’instant m’empêche d’y habiter.

Que répondre toujours au monde
m’empêche de rester avec quelqu’un.

Kim m’appelle — je redeviens réel.
Mais en partant, je retire quelque chose à celle qui était là.

Je vis dans le rappel.
Pas dans la présence.

Emiko se lève.

EMIKO — Ce n’est pas grave.
Mais moi, j’aime rester.

Elle éteint la lumière.

Et dans l’obscurité, je comprends —
non pas le néant —
mais ma fuite.


 

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