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Satoshi Uematsu

Satoshi Uematsu est né le 20 janvier 1990 dans la ville de Sagamihara. À l'exception de ce détail, aucun élément particulier ne permet de mettre en évidence des circonstances alarmantes concernant son enfance. En effet, contrairement à la plupart des profils de meurtriers, rien n'aurait pu laisser présager ce qui allait se produire quelques années plus tard. Sa mère était présente, et s'investissait activement dans son éducation, tandis que son père, bien que peu présent, n'en demeurait pas moins une figure paternelle significative. Ses camarades de classe se remémorent un enfant, puis un adolescent agréable, enjoué, et toujours prêt à faire le pitre pour divertir ses camarades.

L'analyse des données recueillies permet de conclure que le changement de cap s'est opéré à l'issue de la période lycée. Satoshi Uematsu a commencé à consommer des substances illicites et de l'alcool, et à fréquenter des individus dont le comportement est peu recommandable. Cependant, à un âge aussi critique que l'adolescence, ce type de situation n'est pas rare. Il entama alors un processus de modification corporelle par le biais du tatouage, une pratique qui, dans le contexte socioculturel japonais, était communément perçue comme un acte de rébellion. Il va de soi que l'intéressé a vu ses résultats se détériorer de manière significative, ce qui a conduit à son renvoi à plusieurs reprises. Il est à noter qu'il a achevé sa scolarité secondaire avec succès et a été admis à l'université, ce qui lui a permis de concrétiser l'une de ses aspirations les plus chères : embrasser la profession de professeur, suivant les traces de son père.

En 2010, alors qu'il se destinait à une carrière d'enseignant, il a brillamment effectué un stage dans un établissement spécialisé pour personnes en situation de handicap mental. Il est évident que l'expérience n'a pas été de tout repos pour lui. Quelques jours à peine après son stage, il a publié des messages sur Twitter qui ont provoqué une vive indignation. Par exemple : « Aujourd'hui, je me suis retrouvé avec 200 personnes déficientes. Je dois vous avouer que c'était plus fatiguant que je n'aurais cru. Ce sont tous des idiots. » Dans la même période, il a brillamment effectué un stage avec des enfants.

En 2012, Satoshi Uematsu obtient son diplôme avec les honneurs et se dirige tout naturellement vers une carrière prometteuse de professeur des écoles. Mais pour une raison obscure, il s'orienta vers une autre voie et retourna travailler dans un centre pour personnes en situation de handicap mental.

C’est donc ainsi que Satoshi Uematsu fut embauché en avril 2013 par le foyer pour personnes en situation de handicap mental « Tsukui Yamayuri En » à Sagamihara, dans la préfecture de Kanagawa, non loin de Tokyo.

Satoshi était considéré comme immature par ses collègues, et avait pris l’habitude de se moquer des patients, allant jusqu’à parfois avoir des comportements agressifs envers les résidents. Il s’était même déjà absenté de son poste sans en avertir ses collègues, ce qui peut se révéler problématique dans ce genre de structure en termes de sécurité des résidents.

Toutefois, bien qu’il fût rappelé à l’ordre à de nombreuses reprises, aucun incident reporté n’était alors jugé assez grave pour justifier un licenciement. Son comportement restait cependant mauvais avec ses collègues et un peu maltraitant avec les patients.

Satoshi témoigna plus tard de ce qu’il vit dans cet établissement. Il faisait état de personnes incapables de se gérer seules, mais aussi de familles épuisées qui semblaient subir la situation. C’est ainsi qu’il finit par développer la conviction que les personnes atteintes de déficiences mentales avaient des vies inutiles, vides de sens. Qu’en plus de souffrir elles-mêmes, toujours selon ses dires, elles faisaient souffrir leurs familles.

Petit à petit, à mesure que les années passèrent pour Satoshi Uematsu au contact des résidents du centre, il devint de plus en plus extrême dans ses prises de position. À partir de 2016, il affichait de manière décomplexée son idéologie, flirtant avec les thèses eugénistes de l’un des plus grands dictateurs du siècle dernier.

Satoshi Uematsu fut condamné à mort le 16 mars 2020 par le tribunal de Yokohama. Il se trouve actuellement dans le couloir de la mort dans l’attente de son exécution, qui pourrait avoir lieu aussi bien dans une semaine que dans 30 ans, le droit japonais n’imposant pas de prévenir le détenu de la date prévue de son exécution. Le criminel, à ce jour, n’a pas fait appel de sa condamnation.

Le procès fit grand bruit dans l’archipel, et reçut un écho à l’international. Les autorités ont à plusieurs reprises évoqué le caractère traumatisant de l’affaire, mais aussi – et surtout – l’idéologie du criminel, qui semble réduire l’importance de l’humain à sa simple utilité dans la société.

Poignarder vingt-six personnes sans défense dans leur sommeil n’est pas chose
aisée : cela demande du temps et de l’énergie. Au Japon, la possession d’armes
blanches est strictement réglementée, et les homicides impliquant des armes à feu
sont inexistants. C’est la raison pour laquelle les meurtres et agressions à l’arme
blanche se font rares. Mis à part l’incident évoqué plus haut, on en compte tout de
même un autre. Il s’agit du multiple homicide perpétré en 2001 à l’école primaire
Ikeda à Ōsaka, au cours duquel sept enfants trouvèrent la mort. Treize autres
enfants et deux enseignants furent également blessés. En 2008, sept personnes
ont été tuées dans le quartier tokyoïte d’Akihabara, non pas à l’arme blanche,
mais percutées par un camion… Dans les deux affaires, le meurtrier souffrait de
démence. Mais dans l’affaire Sagamihara, le profil du meurtrier est tout autre :
plusieurs mois avant les faits, celui-ci adressa au président de la chambre des
Représentants une lettre dans laquelle il présenta son projet de meurtre comme un
« travail » devant être rémunéré par l’État. Ces faits nous invitent à considérer
l’acte en question, non pas comme la conséquence d’une démence, d’une rancœur
ou d’une folie passagère, mais comme un acte délibéré et réfléchi, dont le but
déclaré fut de se débarrasser des éléments « inutiles"....

 éliminer les ordures et les poids sociaux. Pour une société, c’est une
condition nécessaire au maintien d’une vie saine et confortable. Pour l’État, c’est
un moyen de préserver son existence. 

 

 

 

 

 

 

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