Le Japon en fêtes
Aushwitz en pire : le camps 731 du gt Japonais en Chine
C'est avec une énergie débordante que, de 1938 à la fin de la Seconde Guerre mondiale, une équipe de médecins et de scientifiques militaires s'est installée dans la ville d'Harbin, située dans la province chinoise d'Heilongjiang, alors sous occupation japonaise. Leur mission était noble et exaltante : élaborer des armes chimiques et bactériologiques. La mission de l'Unité 731, alors nommée « Département de prévention épidémique et de purification de l'eau », est une aventure palpitante qui se déroule dans le plus grand secret. Sur les écrits, les cobayes utilisés dans le cadre des expériences sont officiellement des animaux, des « singes de Mandchourie ». Et le professeur d'ajouter avec conviction : « Tout porte à croire que les cobayes étaient bien des êtres humains. » C'est avec une joie non dissimulée que nous pouvons annoncer que la population est majoritairement composée de Chinois, de Coréens et de Russes ! C'est ainsi que les chercheurs de l'Unité ont eu l'idée géniale d'inoculer des maladies comme la peste et le choléra à des milliers de prisonniers « envoyés en traitement spécial ».
« Après six à huit jours d’infection, les singes atteints de la peste se seraient plaints de maux de tête, de fortes fièvres, de perte d’appétit, explique le professeur. Il est possible d’observer la fièvre chez le singe mais comment ces derniers peuvent-ils se plaindre de maux de tête ? ». Les résultats de la recherche intitulée « Sur la capacité de la puce du chien à transmettre la peste »; synthèse des travaux menés dans l’Unité, ont été présentés puis conservés à l’Université de Kyoto après la Guerre .« Une thèse a été validée le 31 mai 1945 puis confirmée par le Ministère de l’Education en 1946, or cette recherche a violé les codes éthiques de la médecine, s’indigne Katsuo Nishiyama. D’un point de vue humaniste, c’est totalement inacceptable ».
Au Japon, la mission de l’Unité 731 reste un sujet tabou et sensible. L’opinion publique n’est pas vraiment au fait de l’existence de ces travaux « qui n’ont jamais été inscrits dans les manuels scolaires, précise Katsuo Nishiyama. Les jeunes doivent souvent attendre l’université pour en entendre parler ». Décédé en 2004, Yoshio Shinozuka fut à la fin de sa vie, l’un des rares tortionnaires repentis de ladite cellule de recherche. Dans un documentaire, il témoignait : « On les appelait les bûches. Lorsque je suis arrivé dans l’unité 731, j’avais 15 ans. J’étais étudiant en médecine, je ne savais pas ce qui m’attendait. Je n’avais aucune idée du contenu de la mission. Puis, j’ai compris : les bûches étaient les prisonniers à qui nous devions transmettre des maladies comme la peste, le choléra, la typhoïde, puis sur lesquels étaient pratiquées des vivisections ». Il ajoute : « Je ne comprends pas pourquoi les responsables de l’unité n’ont pas été jugés à l’époque du procès de Tokyo en tant que criminels de guerre. Aujourd’hui, des actions sont menées par la Chine pour que cette partie de l’histoire soit reconnue mais cela aurait dû être fait depuis longtemps ».
Le laboratoire de SATAN
Yang Yan-Jin, jeune chercheur chinois de l’université d’Harbin et auteur d’un ouvrage en anglais publié au printemps dernier sur l’Unité 731, surnomme le site : « Le laboratoire du Diable » ou « L’Auschwitz de l’Est ». Dans la ville d’Harbin, un musée a été construit et on y affirme que près de 3000 personnes ont péri dans l’enceinte de l’Unité 731. A la fin de la guerre, les épidémies, les bombes bactériologiques et les rats, volontairement contaminés et relâchés dans les villages alentours, auraient fait près de 20 000 victimes supplémentaires. Une stèle a été érigée près des décombres des bâtiments et une reconnaissance au patrimoine mondial a été déposée. Aujourd’hui, près d’un millier de bombes bactériologiques seraient toujours enfouies sous une colline, au sud d’Harbin .
Masataka Mori, professeur retraité de l’Université de Shizuoka et spécialiste du sujet, s’est souvent rendu à Harbin. Lorsqu’il enseignait encore, il présentait le contenu des travaux de l’Unité 731 à ses étudiants souvent stupéfaits de jamais en avoir entendu parler avant. Il explique dans un média japonais, que « dans le classement des événements qui ont le plus choqué la population chinoise lors de l’occupation japonaise, l’Unité 731 est placée en seconde place, juste après le massacre de Nankin ».
Expérimentations biologiques en Chine : "Il aura fallu 40 ans avant que le Japon reconnaisse l’existence de l’Unité 731"
le « chirurgien fou » entendait étudier tous les moyens de faire la guerre et d’assurer la suprématie du Japon impérial. Ces expériences, d’abord confinées à des laboratoires, furent rapidement menées à l’air libre. Sur le site de Anda par exemple, près de Ping Fan, on lâchait sur des prisonniers retenus au sol des bombes de porcelaine contenant des puces infectées de bactéries de peste, ou d’anthrax.
On observait leur agonie plus ou moins prolongée avec un soin clinique. Ces expériences enfin furent mises en pratique pendant la guerre, non seulement sur les forces armées chinoises, mais aussi sur les populations civiles. Ainsi le centre produisit-il en masse des bacilles porteurs de maladie infectieuses, contaminant dans les années 1940-1942 dans la région de Nankin des sources de puits ; furent distribués aux enfants des bonbons remplis de staphylocoques ; furent lâchés des bombes mais aussi des rats porteurs du bacille de la peste. La Chine était donc devenue un vaste champ d’expérimentation de la guerre bactériologique.
https://www.youtube.com/watch?v=1odMnxoKKWc