Le Japon en fêtes
Je suis un Pelican qui hesite

La maison noire / Traversée
Je ne suis pas dans l'hystérie. Je ne suis pas dans la fuite. Je suis l'oiseau sur la branche qui regarde l'eau sans savoir encore si ses ailes se souviennent.
Huit jours sans ciel propre, huit jours dans la langue des murs, les questions posées de biais, la lumière qui ne change pas selon l'heure — j'ai compté les heures quand même, j'ai fait des heures avec rien.
J'ai écrit. On écrit toujours quand il n'y a plus que ça entre soi et le fond.
La maison noire maintenant, pas une prison — pire peut-être, c'est la mienne. Je l'habite comme on attend un verdict qu'on a déjà rendu soi-même.
Je traverse. C'est tout ce que je sais dire. Je traverse comme on dit je respire — parce que l'alternative n'est pas pensable.
Mais il y a Tokushima. Il y a Awaodori dans l'été japonais, les bras levés comme des questions heureuses, les pieds qui savent quelque chose que la tête refuse encore — que le mouvement est une réponse, que danser dans la rue c'est une façon de revenir dans son propre corps.
Le pélican hésite. Il hésite encore. Mais il regarde vers l'est. Il a un nom pour l'est : Tokushima. Août. Les lanternes sur l'eau. Les voix qui appellent sans appeler, qui dansent sans demander pourquoi.
Je publie. Je reviens. Je traverse la maison noire comme on traverse un pays étranger — en sachant qu'on ne comprend pas tout, en sachant que c'est quand même un passage, pas une demeure.
L'oiseau sur la branche n'est pas perdu. Il choisit son moment.