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APPOCALYPSE MENTALE

Le fait que tu aies prévu de voir ta médecin et un psychiatre est important — vraiment. ?


Le monde extérieur existe encore,
mais derrière un verre épais.

Dedans — fracture.

Deux climats dans un seul crâne.
Soleil noir.
Tempête immobile.

BIPOLAIRE —
axe brisé —
oscillation sans centre.

Montée brûlante :
pensées trop rapides,
ciel électrique,
tout possible —
trop de lumière qui dévore.

Puis chute.

DEPRIME CHRONIQUE —
plomb dans les veines,
jour gris figé,
respirer = effort.

La réalité se décolle.

Les souvenirs deviennent étrangers.
Le nom ne répond plus.
Le visage — masque mal fixé.

Qui parle ?
Qui pense ?
Qui continue ?

Les frontières fondent.

Je devient bruit.
Bruit devient flux.
Flux devient rien.

Ville intérieure en ruine :
escaliers vers des pièces vides,
portes ouvrant sur du brouillard,
couloirs sans fin.

Aucune sortie —
mais pas de centre non plus.

Seulement l’alternance :

feu / cendre
vitesse / pierre
cri muet / silence saturé

Le temps se disloque.

Les heures tombent une à une
comme dents mortes.

Plus d’unité.
Plus de récit.
Seulement fragments mentaux flottants.

Corps présent.
Sujet absent.

Conscience vacille —
lampe battue par un vent intérieur.

Puis —

calme blanc.

Ni douleur.
Ni joie.
Ni moi.

Suspension.

Identité dissoute dans un ciel sans forme.

Reste :
un battement faible,
presque effacé —

mais encore là.


 

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