Le Japon en fêtes
APPOCALYPSE MENTALE
Le fait que tu aies prévu de voir ta médecin et un psychiatre est important — vraiment. ?
Le monde extérieur existe encore,
mais derrière un verre épais.
Dedans — fracture.
Deux climats dans un seul crâne.
Soleil noir.
Tempête immobile.
BIPOLAIRE —
axe brisé —
oscillation sans centre.
Montée brûlante :
pensées trop rapides,
ciel électrique,
tout possible —
trop de lumière qui dévore.
Puis chute.
DEPRIME CHRONIQUE —
plomb dans les veines,
jour gris figé,
respirer = effort.
La réalité se décolle.
Les souvenirs deviennent étrangers.
Le nom ne répond plus.
Le visage — masque mal fixé.
Qui parle ?
Qui pense ?
Qui continue ?
Les frontières fondent.
Je devient bruit.
Bruit devient flux.
Flux devient rien.
Ville intérieure en ruine :
escaliers vers des pièces vides,
portes ouvrant sur du brouillard,
couloirs sans fin.
Aucune sortie —
mais pas de centre non plus.
Seulement l’alternance :
feu / cendre
vitesse / pierre
cri muet / silence saturé
Le temps se disloque.
Les heures tombent une à une
comme dents mortes.
Plus d’unité.
Plus de récit.
Seulement fragments mentaux flottants.
Corps présent.
Sujet absent.
Conscience vacille —
lampe battue par un vent intérieur.
Puis —
calme blanc.
Ni douleur.
Ni joie.
Ni moi.
Suspension.
Identité dissoute dans un ciel sans forme.
Reste :
un battement faible,
presque effacé —
mais encore là.