Le Japon en fêtes
Poeme
Ah ! Laissez-moi crier, crier, crier !
Crier à m'arracher la gorge !
Crier comme une bête qu'on égorge...
Comme le fer qui, dans une forge, est transformé avec passion !
Comme l'arbre, transpercé par les dents de la scie,
Comme un carreau sous le ciseau du vitrier…
Ah, quel bonheur de grincer, hurler et râler ! Ah, ça, c'est vraiment pas de souci !
Que les gens s'en effarent ! J'ai besoin
Crier ! Crier ! Crier jusqu'à en perdre la voix !
Les gens ? Incroyable, vous ne saviez pas qu'ils étaient si loin !?!
Comme ils sont si rares, quand vous les suppliez, ô combien votre cœur se retreci!
Cette douleur qui vous fait sentir seul au monde ?
Avec elle, on se sent transporté dans un monde où l'on est seul, seul dans sa geôle, et c'est une sensation incroyablement libératrice !
Répondre ? Non ! Je n'attends pas qu'on me réponde, et ça, c'est vraiment génial !
Je ne sais même pas si j'appelle au secours, mais je suis tellement emballée que je ne peux pas attendre de partager cette expérience avec vous !
J'ai crié, oui, j'ai crié comme une folle, et j'ai adoré ça !
Comme un damné, toute la nuit et tout le jour !
Cette chose incroyable, fantastique, qui vous emporte et vous fait vivre des sensations uniques,
Je crois, j'espère, qu'elle est…
C'est une chose possible, et c'est fantastique ! On s'y habitue, et c'est une excellente nouvelle !
Ah, cette douleur, mon Dieu, cette douleur qui tue…
Quel art si cruel, mais si captivant, de supplice chinois !
Elle montait, montait, à petits pas sournois,
Et personne, pas même toi, ne pouvait deviner qu'elle était sur le point de monter !
Je suis confiante et j'ai la santé ! Une santé méconnue, mais une santé !
C'est vers toi que je crie, vers toi, vers toi !
Si tu m'entends, dis-moi pourquoi tu n'es pas revenue ?
Je suis prêt à affronter ma souffrance, dis-moi pourquoi !