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A propos de "La amison de Kyoko" en cours de traduction pour Gallimard

10 ans que je travail sur ce roman .鏡子の家.....

...............Et ainsi, une fois de plus, le temps fictif se met à s'écouler. Le moment où je suis photographié et où la pellicule tourne me revient des dizaines de fois par jour, mais cette partie du temps s'écoule comme un torrent limpide, et je peux nager dans ce temps fluide… Comparé à cela, le temps de ma vie n'est rien d'autre qu'une vieille ceinture usée.

 

Seiichiro aime jouer le rôle d'un autre (en l'occurrence, celui d'un homme d'affaires qui épouse la fille du vice-président et obtient une promotion). D'un autre côté, Kyoko partage un point commun important avec Seiichiro. Au début du roman, ils évoquent l'effondrement du monde, et Kyoko, qui fuit la reconstruction d'après-guerre et apprécie le désordre de cette époque dévastée, se compare à Seiichiro en disant : « Tu rêves de l'effondrement du monde passé, tandis que je prévois l'effondrement du monde futur. » Aucun des deux ne peut vivre dans le présent. Ils se ressemblent aussi en ce qu'ils sont tous deux vides et doivent être comblés par d'autres.

Seiichiro, Osamu et Kyoko ont également en commun d'apprécier l'incompréhension des autres. Cela s'explique également par le fait qu'ils n'ont pas de véritable identité et vivent comme s'ils jouaient un rôle. Osamu estime qu'« il aimait qu'on s'efforce de l'analyser comme s'il s'agissait d'un massage. Il appréciait particulièrement les analyses erronées. C'était un portrait de lui-même dont il ignorait tout, et qui existait dans son intégralité » (96-97)18. Kyoko « aime être prise pour une danseuse ou une serveuse » (150). Quant à Seiichiro, il ne révèle jamais sa véritable identité en dehors de la maison de Kyoko et se contente d'incarner un rôle différent de lui-même. Par exemple, lorsqu'un collègue de travail le prend pour « un homme simple et joyeux », « une telle évaluation erronée le rend très heureux » (50). « Rien ne flattait plus son estime de soi que d'être considéré comme un homme simple » (167). Cependant, il était parfois désorienté par le rôle qu'il jouait. Par exemple, lors de la cérémonie de fiançailles, il pensait : « Mon quotidien complètement irréel, ma vie réelle absurde, va commencer », et il avait l'impression que « tout était étrange ».

 

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